|
Au début des années
soixante, des revues internationales d'art et d'architecture consacraient
plusieurs articles aux travaux du jeune architecte André Jacqmain.
Sous le titre " Une maison pour des tableaux ", L'il d'avril
1962 présentait la maison du couple de collectionneurs d'art moderne
Bertie et Gigi Urvater. Demeure baroque conçue comme un parcours
labyrinthique qui égrenait sur ses murs les Magritte, Ernst, Klee,
Matta, Bacon, Riopelle
Une maison, écrit l'auteur du texte,
qui ne ressemble à aucune autre, mettant ainsi le doigt sur ce qui
caractérise l'originalité de Jacqmain. Toujours produire,
au risque de ne pas faire école, des uvres différentes
nées de son imaginaire de latin du Nord et souvent soulignées
par un tréfonds stylistique : réminiscences des élancements
gothiques, des pagodes chinoises, de l'art déco...
Après des études à l'Académie des beaux-arts
de Bruxelles pendant les années de guerre, on le retrouve en 1950
aux Ateliers du Marais où il côtoie Pierre Alechinsky et Christian
Dotremont.
À 46 ans, en 1967, il fonde l'Atelier d'architecture de Genval, s'entoure
d'une équipe, une pépinière d'idées qui fouettent
l'imagination, qui lui permet d'aborder la grande échelle. Ce solitaire
qui n'aime pas la solitude a toujours su s'entourer d'amis fidèles
et d'artistes comme le créateur de meubles Jules Wabbes, les frères
Strebelle, les photographes Gilles Ehrmann et Fabien de Cugnac, l'architecte
Nicole Beeckmans qui l'a assisté dans la réalisation de ce
livre où il retrace à travers des dessins son parcours, de
sa naissance à aujourd'hui.
|